Category: Forum Chrétien Mondial (page 2 of 3)

Message du Pasteur Daniel Thévenet

Président des Eglises de Réveil en France. Vice président du pôle lyonnais de la FPF.

Trente ans d’attente et pourtant . . .

Certaine paroles recueilles au Forum chrétien mondial résonnent encore.

Lors d’une séance plénière de partage et de questions, un homme d’environ 55 ans a pris le micro sans fil et s’est présenté selon les consignes. Pasteur africain-américain d’une petite communauté chrétienne aux Etats-Unis, il a témoigné d’une voix forte et alourdie de peine : « Cela fait 30 ans que nous attendons d’être invités…30 ans que nous attendons de la visite… 30 ans… Pourquoi cela n’arrive-t-il pas ?!  Et pourtant nous attendons encore … »

C’était la dernière question de la séance. A suivi un silence palpable, face à la plaie ouverte, l’examen de conscience.

En 1960, Dr Martin Luther King Jr a déploré  une tragédie honteuse : que le dimanche matin à 11 h 00 soit l’heure où la ségrégation est la plus marquée dans l’Amérique chrétienne.  En 2018, en Amérique comme ailleurs, le dimanche matin à 11 h 00, on se rassemble encore trop souvent qu’entre semblables. Le corps ecclésial porte aussi les stigmates de la ségrégation.

Le cri du pasteur a encore retenti au retour de Bogotá, à ma descente de l’avion à Paris, quand j’ai appris le décès, survenu le 28 avril 2018, du théologien américain James H. Cone, fondateur de la théologie noire de la libération, pasteur et professeur à l’Union Theological Seminary. Bien qu’adulé après sa mort, il fut détesté par certains au cours de sa vie, tout comme Dr King, pour sa voix prophétique : à la publication de son œuvre La croix et l’arbre à lyncher en 2012, il reçut des menaces de mort.

En 2010, James Cone a reçu un doctorat honoris causa de l’Institut Protestant de Paris.

Il concluait sa leçon académique ainsi

 « D’habitude, le peuple qui n’a jamais été lynché par un autre groupe comprend difficilement   pourquoi les Noirs veulent rappeler aux Blancs leurs atrocités. Pourquoi les rappeler ? N’est-ce pas mieux d’oublier ? Absolument pas ! L’arbre du lynchage est une métaphore de la crucifixion du peuple noir d’Amérique. C’est la vitrine qui montre le mieux la signification théologique de la croix des chrétiens aux États-Unis. En ce sens, les Noirs sont des figures  du Christ, non seulement parce que nous le voulons, mais parce que nous n’avons pas eu le choix d’être lynchés, tout comme Jésus n’a pas eu le choix de son chemin vers le Calvaire. Jésus ne voulait pas mourir sur la croix et les Noirs ne voulaient pas être pendus à l’arbre à lyncher. Mais les forces diaboliques de l’Empire romain et de la suprématie blanche en Amérique le voulaient. Cependant, Dieu prit en son moi divin le mal de la croix et de l’arbre à lyncher, et transforma les deux dans la beauté triomphante du divin. Si l’Amérique a le courage d’affronter, avec repentance et réparation, l’immense péché et l’héritage continu de la suprématie blanche, il y a de l’espoir par-delà la tragédie. »

Cet espoir, par-delà, c’est bien pour cela que le pasteur et sa congrégation attendent, toujours et encore, comme et avec tant d’autres, Celui qui vient.

Petite-fille de Blancs, de la campagne, du Sud des États-Unis, j’ai été prise malgré moi par son appel, comme Simon de Cyrène, tiré de la foule,  pour porter la charge de l’arbre à lynchage, derrière Jésus, à la lueur d’une transfiguration qui tarde.

Nous prions avec eux et pour eux : maranatha, Seigneur, viens-nous visiter.

Groupes interecclésiaux mondiaux

Dès le premier jour du Forum chrétien mondial, les participants se sont retrouvés dans des groupes appelés « Groupes interecclésiaux mondiaux » au sein desquels chacun.e était invité.e à partager l’histoire de son cheminement avec Jésus Christ.

Je me suis retrouvée avec 9 chrétiens et 2 autres chrétiennes, de 11 pays différents : une expérience rare, inégalable. Il y avait une grande qualité d’écoute et une volonté de partage, même jusqu’aux larmes des souvenirs lointains mais toujours aussi douloureux. Nous étions plusieurs à revisiter notre enfance pour raconter comment nous avons été accompagnés sur notre route.

J’ai partagé mon expérience d’apprentissage de la prière à une petite école primaire catholique paroissiale dont les journées suivaient la cadence monastique de nos institutrices, des sœurs carmélites de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : la messe du matin, l’action de grâce avant le repas du midi et des intercessions quotidiennes. Si on entendait les sirènes des véhicules d’urgence, les sœurs arrêtaient les leçons pour nous inviter à la prière pour ceux qui étaient en détresse. J’ai de vifs souvenirs d’avoir prié ensemble tous les jours pour les otages américains en Iran quand j’avais 6-7 ans. Elles nous ont fait comprendre que Jésus est un ami toujours à l’écoute, à l’écoute surtout des petits. Par ce partage, je voulais aussi exprimer ma gratitude pour le don de ces femmes catholiques religieuses, si généreuses, travaillant dans l’ombre, souvent sans reconnaissance. D’autant plus que je suis de la dernière génération de catholiques d’Oklahoma d’avoir reçu une telle éducation à la prière à l’école primaire.

De même, chaque histoire personnelle ouvrait sur l’histoire d’une communauté chrétienne particulière.  Les récits de celles qui subissent discrimination et persécution du régime politique étaient troublants, mais en même temps, plein de ténacité et d’espoir.

Nous avons senti le souffle de la catholicité.

Depuis notre retour de Bogotá, les membres de notre groupe échangent des photos, nouvelles, promesses de prières…

 

La Parole parle !

Mercredi 25 avril, une rencontre plénière était prévue après le diner du soir. Au Forum Chrétien Mondial, les journées sont bien remplies. Les prières, les rencontres et les échanges théologiques et spirituels en plénière ou en petits groupes se succèdent. Chacun s’exprime avec ferveur et profondeur. Les témoignages de nos frères et sœurs chrétiens persécutés ou en situation de grande précarité sont particulièrement émouvants. Aussi, je reconnais bien volontiers que je formais le vœu, m’installant dans la salle, que cette rencontre se termine rapidement afin de pouvoir aller me reposer. J’ai pourtant été bouleversé lors de cette soirée.

Nous avons écouté le témoignage de Monsieur Michel Perrau, directeur général de l’Union des Sociétés Bibliques. Ce mouvement a pour vocation de traduire et diffuser la Bible dans le monde entier. Il nous a donné quelques chiffres. On estime à environ 6000 le nombre de langues dans le monde. La Bible est actuellement traduite en 2000 de celles-ci. La traduction en 2000 autres langues est en cours. L’objectif est qu’en 2033, toutes les langues de la terre puissent recevoir la traduction du Nouveau Testament.

Nous avons ensuite regardé une vidéo de l’Union des Sociétés Bibliques qui m’a beaucoup touché. Cette vidéo montrait un peuple aborigène de la Papouasie Nouvelle-Guinée recevant des Bibles traduites dans leur langue. Un exemplaire en main, le pasteur a manifesté sa joie et son action de grâce. Il faisait référence à Syméon, dans le récit de la Présentation de Jésus au Temple, raconté en Lc 2. Enfin il tenait le salut entre ses mains. Toute la population manifestait son bonheur et sa ferveur. On dansait, chantait, bondissait et criait d’allégresse ! Leur exultation était palpable d’enfin recevoir la Parole de Dieu dans leur langue !

Visionnant cette séquence, j’ai vraiment été ému aux larmes. La Parole de Dieu parle ! Je le savais au niveau théologique évidemment. J’en avais la confirmation concrète au niveau existentiel. Beaucoup moins favorisés matériellement que moi, ces frères et sœurs chrétiens m’interpellaient. En effet, contemplant leur joie, je me posais la question : la lecture de l’Écriture me procure-t-elle une ferveur et un bonheur équivalent ? Je pensais à mes paroissiens de la communauté catholique Sainte Pauline du Vésinet, dans les Yvelines. La Bible est-elle pour nous source d’une exultation sereine ? Avons-nous la conviction de recevoir notre épanouissement de la Parole de Dieu? Ou alors sa lecture est-elle une habitude, une routine ou, pire, inexistante ? La Bible est-elle en bonne place dans nos maisons ? Combien de temps passons-nous à la lire ? Avons-nous le désir de l’ouvrir comme une source de joie et de bonheur incommensurablement supérieure au bien-être de distractions comme la finale du tournoi des Six Nations ou une série sur Netflix ? Plus que jamais, le Forum Chrétien Mondial est ce formidable espace de rencontre où notre foi est fortifiée et enrichie par le témoignage d’autres chrétiens. Et si la foi est renforcée, la géographie également, car je ne soupçonnais pas qu’être à Bogotá me ferait voyager en Papouasie Nouvelle Guinée !

 Secrétaire Générale du Conseil des Eglises du Moyen Orient

« Notre ministère est le ministère de la réconciliation »

Photo d’Albin Hillert, COE

Le message de Rev Olav Fyske Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Églises, lu par Odair Pedroso Mateus, directeur de la Commission Foi et Constitution, m’a vivement interpellé. Dans la partie intitulée « Prier et œuvrer au service de la réconciliation et de la paix en Colombie, »  il prend acte du fait que dans les Églises, il y a de nombreuses voix qui ont refusé l’accord de paix.

« Malgré les efforts de DiPaz, une partie de la population porte un regard soupçonneux sur nos Églises qui ne sont pas réconciliées entre elles et se disputent parfois. Nous ne pouvons pas nous contenter d’un œcuménisme poli et de belles relations individuelles au détriment des questions difficiles qui empêchent notre témoignage d’être pertinent et éloquent. Notre ministère est le ministère de la réconciliation. « Que l’amour fraternel demeure » également lorsque nous abordons les sujets qui nous séparent encore, pour que nous rapprochions toujours plus les un des autres, parce qu’ainsi nous nous approchons toujours plus du Christ parmi nous. »

Avec l’intensité de notre rencontre, il m’est difficile d’exprimer ici toutes mes réflexions, mais je suis frappée à la fois par son réalisme et par ses encouragements d’aller plus loin, car nous savons que le Christ est parmi nous.

Laissons-nous nous réconcilier.

Katherine Shirk Lucas

Trois joyeuses découvertes au commencement du Forum Chrétien Mondial !

Le 23 septembre 2011, le pape Benoît XVI était à Erfurt, en Allemagne, dans l’ex-couvent augustinien, là même où Martin Luther vécu le commencement de sa vie monastique à partir de 1505 jusqu’en 1508. Le pape rendit un vibrant hommage à la force de la foi de Luther et à son désir de recevoir la miséricorde de Dieu. Puis, Benoît XVI exprima la nécessité de l’action en faveur de l’unité des chrétiens dans le but de promouvoir la foi dans notre monde contemporain. Il analysait alors l’évolution du christianisme mondial et l’émergence de nouvelles formes de christianisme, souvent de type pentecôtiste, évangélique, charismatique. Il posait cette question : « Qu’est-ce-que cette nouvelle forme de christianisme a à nous dire de positif et de négatif ? »

En un sens, la recherche de réponses à cette question explique ma présence au Forum Chrétien mondial de Bogota.

Aujourd’hui, je suis heureux de partager trois joyeuses expériences, promesse de réponses fécondes !

Ma première découverte réside dans le bonheur de la rencontre. Au Forum Chrétien Mondial, nous vivons ensemble sous le même toit. Trop souvent, l’œcuménisme est réduit à un dialogue entre savants théologiens. L’unité des chrétiens commence d’abord par la rencontre d’autres chrétiens. Elle se poursuit par des expériences de vie commune. Il s’agit de vivre ensemble, prier ensemble, parler ensemble, réfléchir ensemble, débattre ensemble mais aussi prendre les repas et se détendre ensemble. Alors la joyeuse découverte survient. Nous prenons conscience que les différences spirituelles, théologiques, liturgiques entre nous ne sont plus forcément séparatrices. Au commencement de toute démarche en faveur de l’unité chrétienne, il y a cette vie ensemble proposée par le Forum.

Ma deuxième découverte est la fervente espérance des chrétiens de Colombie. Je ne connaissais pas ce pays, si ce n’est par les souvenirs des civilisations précolombiennes, la production du café et la douloureuse histoire de Madame Ingrid Betancourt. Nous avons écouté le témoignage des chrétiens de Colombie. J’ai pris conscience des horreurs de la guerre civile, des épreuves, des massacres de milliers d’innocents, de la dureté de la crise économique pour les pauvres et les petits. Cependant, plus encore que les ravages du mal, les chrétiens de Colombie ont gardé et développé l’espérance. Au milieu de leur détresse, ils ont su vivre leurs souffrances comme un appel à persévérer dans la foi. Ils ont continué à louer le Seigneur en mettant en Lui seul leur espérance. Au commencement de toute démarche en faveur de l’unité chrétienne, il y a cette espérance que le Christ est vivant. Malgré les épreuves, les membres de son Corps reçoivent sa vie.

Ma troisième découverte est la méthodologie même du Forum. Depuis plusieurs années, de nouvelles communautés chrétiennes apparaissent. Le Forum rassemble des membres de ces nouvelles communautés et d’Églises plus anciennes. Il propose de faire mémoire de notre histoire personnelle avec Jésus. La magnifique pédagogie du Forum est d’instaurer la confiance entre les Églises et de vivre une expérience spirituelle commune. Chacun, en effet, est invité à raconter sa relation avec Jésus, son histoire sacrée. Nous sommes ainsi au cœur de la foi. Nous mettons le Christ au centre. Le Fils de Dieu s’est fait homme. Il a vécu une histoire humaine concrète et singulière, semblable à nos histoires. Il crée ainsi un partenariat avec chacun au nom de cette ressemblance de son histoire avec la nôtre. Le but du Forum Chrétien Mondial est de raconter son histoire personnelle avec Jésus et d’être enrichi par l’histoire des autres. Nous ne sommes pas spectateurs mais acteurs de l’unité du peuple chrétien grâce à nos histoires communes avec Jésus. Nous découvrons de façon nouvelle que le Christ n’est pas divisé. Nous reconnaissons que le Christ est en chacun et chacun est dans le Christ. Le Forum permet d’aller au cœur de la vie chrétienne : le lien avec Jésus. Le Forum est donc profondément christocentrique. Au commencement de toute démarche en faveur de l’unité chrétienne, il y a le Christ. En tous, il est là, plus fort que tout ce qui pourrait nous séparer.

Rencontre avec le père Joseph de l’Eglise syriaque orthodoxe d’Antioche

Rencontre avec le père Joseph, de l’Église syriaque orthodoxe, moine de l’ordre de Saint Ephrem.

Merci au père Joseph, arrivé à Francfort via Beyrouth, pour ce partage à la porte d’embarquement de notre vol à Bogotá.

Il m’a donné des nouvelles du père Roger, aussi de l’Église syriaque orthodoxe, qui a fait sa thèse à l’Institut Catholique de Paris et a prêché à l’église Saint-Joseph-des-Carmes, lors de la messe pour l’unité pendant la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens en 2012.

Quelles sont vos attentes du Forum chrétien mondial ?

D’abord, le père Joseph espère que le thème « Que l’amour fraternel demeure » sera médité et discuté par tous les participants, que ce message sera compris comme le cœur de notre rassemblement ainsi que de l’unité des chrétiens.

Il souligne que la persécution de l’Église et des chrétiens est récurrente en Moyen-Orient. Comment en prendre conscience aujourd’hui ? Comment être à l’écoute des chrétiens d’Orient ? (Ce thème, « La discrimination, la persécution et le martyr : suivre ensemble le Christ » est à l’ordre du jour du mercredi après-midi)

Grâce à cette rencontre, il voudrait pouvoir mesurer l’engagement de jeunes chrétiens au service des autres dans le monde.

Qu’est-ce que l’expérience du Forum chrétien mondial pourrait-elle apporter au retour, chez vous ?

Le père Joseph souhaite que le message d’amour fraternel sera bien reçu, que ce temps de réflexion et de rencontre va permettre de changer des idées préconçues et certains stéréotypes des chrétiens d’Orient qui sont véhiculés par des médias qui sont biaisés.

Qu’est-ce que votre Église apporte-t-elle à l’unité de l’Église du Christ ?

L’Église syriaque orthodoxe est une Église apostolique. Elle apporte la richesse de la tradition, des prières, des spiritualités, un héritage reçu et transmis depuis des siècles. Elle apporte de la fidélité dans la transmission des enseignements des Pères de l’Église, qui ont compris la vie du Christ et le témoignage de la Bible grâce à l’inspiration de l’Esprit Saint. Leurs expériences spirituelles continuent d’enrichir le patrimoine chrétien aujourd’hui, surtout car nous avons besoin de nous appuyer sur une base solide, comme le roc de la foi de Saint Pierre.

Pourriez-vous nous conseiller un Père de l’Église qui vous semble particulièrement pertinent aujourd’hui?
Notre époque a besoin de spiritualité plutôt que de la théologie dogmatique; nos contemporains ont besoin d’approches pratiques. Saint Ephrem est un poète spirituel qui a exprimé sa théologie « orthodoxe » à travers la poésie. Il était aussi serviteur de l’amour du Christ, un moine qui soignait des malades dans les hospices, qui enseignait. C’est un héro de la foi.

Nous avons tant besoin de saints qui ne se lassent pas de s’épanouir dans la Bonne Nouvelle et le don de soi aux autres.

***
Merci encore au père Joseph pour ce partage.

 

Il y a deux paroisses de l’Église syriaque orthodoxe en France, en Seine Saint-Denis, l’Eglise Sainte-Marie-Mère de Dieu et la paroisse Saint-Christophe.

Je voudrais exprimer ici toute notre solidarité avec les chrétiens d’Orient. Nous espérons que nous saurons être à l’écoute, au Forum et au retour chez nous.

Katherine Shirk Lucas

« Que l’amour mutuel demeure ! »

… à l’aube de ce premier jour

Dans quelques heures le Forum Chrétien Mondial débutera à Bogota et  la délégation française est impatiente de vivre enfin cet événement ! En dépit de la saison des pluies, c’est sous un soleil radieux qu’avec une partie des participants nous avons pu découvrir quelques facettes de cette capitale de près de 9 millions d’habitants qui s’étend au pieds de montagnes aussi vertes qu’escarpées . Aujourd’hui les choses sérieuses débutent et le programme qui nous attend est un impressionnant et savant équilibre de plénières et de temps de groupes, de prière, d’exposés et de partage qui tient à la fois du marathon œcuménique à l’échelle mondiale et de la retraite spirituelle.

 

La journée commencera dans la prière animée par l’Alliance Evangélique Mondiale et la communauté de Taizé. C’est le révérend Larry Miller, qui assure pour quelques mois encore le secrétariat général du Forum Chrétien, qui introduira ce troisième rassemblement mondial, en présence du ministre de l’intérieur du gouvernement de Colombie, Hector Olimpo Espinosa Oliver, mais aussi de responsables des Églises de Colombie.

Ce sera l’occasion de revenir sur les fruits portés par les deux précédents rassemblements mondiaux et sur les près de 20 ans d’histoire du Forum. Le secrétaire général du Conseil Œcuménique des Églises, le norvégien Olav Fykse Tveit donnera un premier éclairage biblique sur le thème « Que l’amour mutuel demeure ».

Cette première journée va nous donner l’occasion d’entrer de plain-pied dans la pédagogie originale du forum puisque dés cet après-midi, nous serons invités à partager notre cheminement avec Jésus-Christ. Pour nous introduire dans la démarche, les premiers témoignages seront donnés en plénière et nous entendrons dans ce cadre les cheminements du professeur pentecôtiste David Sang-Ehil Han (Eglise de Dieu, Cleveland), de l’évêque allemande Rosemarie Wenner (secrétaire du conseil méthodiste mondial), de l’indien Richard Howell (secrétaire général de l’Alliance Évangélique d’Asie) et de l’orthodoxe roumain, bien connu à Lyon, Ioan Sauca (Secrétaire général adjoint du COE).  Le partage aura lieu ensuite par petits groupes de 15 participants. Chacun de nous sera invité  à parler pendant environ 7 minutes, de son itinéraire personnel avec le Christ et au sein de  sa communauté de foi selon le « langage de la foi »qui lui est propre… C’est un petit défi que de partager des choses substantielles en un temps si court, mais c’est aussi un bel exercice de discernement et de générosité… C’est le cadeau de bienvenue que nous portons avec nous au début de cette rencontre et que nous sommes invités aujourd’hui à offrir.   L’écoute de cette grande diversité d’expériences spirituelles et de situations s’annonce déjà comme un véritable trésor : c’est l’évangile vivant que chacun de nous et chacune de nos communautés portons dans des vases d’argile que nous sommes invités à reconnaître, pour lequel nous pouvons rendre grâce… et par lequel aussi nous pouvons être enrichis, questionnés, déplacés, transformés. Dans la perspective du Forum Francophone à Lyon, nous somme particulièrement impatients d’expérimenter concrètement cette pédagogie qui est devenue caractéristique du Forum et que nous comptons bien mettre en œuvre au mois d’Octobre pour le Forum Francophone.

Pierre BLANZAT

 

 

Des attentes à la veille de mon départ pour Bogotá

A la veille de mon départ, une amie m’a posé quelques questions sur mes attentes du Forum chrétien mondial. Merci à elle.

Avez-vous déjà fait l’expérience du Forum chrétien mondial ? Comment cette démarche vous interpelle?

Je connaissais l’existence du Forum chrétien mondial, et j’ai eu la chance d’entendre le pasteur Larry Miller partager son expérience du Forum au colloque de l’Institut supérieur d’études œcuméniques en 2015. Je ne m’attendais pas de tout à être invitée à participer au Fourm de Bogotá comme déléguée du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens ! Je suis très heureuse d’accepter cette responsabilité et de vivre cette aventure.

La méthodologie du Forum chrétien mondial, où tout d’abord chaque participant.e est invité.e à raconter l’histoire de son cheminement avec Jésus Christ, me rappelle tout simplement mes années au lycée, où je faisais de l’œcuménisme, avant même de le savoir.  Je viens de l’état d’Oklahoma, une région aux États-Unis qu’on appelle le Bible Belt. Mes camarades de classe et amis étaient en grande majorité des chrétiens de traditions évangéliques. Certains apportaient leurs bibles à l’école tous les jours et m’impressionnait par leur capacité à réciter des passages par cœur. Mes amis chrétiens évangéliques n’hésitaient pas à demander à leur entourage : « Have you been saved ?, » « As-tu été sauvée ? »  Il m’a fallu bien du temps pour vraiment comprendre la signification de cette question. Grâce à cette interrogation fondamentale, j’ai été amenée à parler de Jésus Christ avec mes amis.  Ils avaient aussi beaucoup de questions sur l’Église catholique, du style « pourquoi devez-vous obéir ou pape ? »  et « pourquoi priez-vous Marie ? » Afin de mieux leur répondre, j’ai commencé, moi aussi, à me poser des questions sur mon Église et à la découvrir autrement en approfondissant mes connaissances.

La démarche du Forum chrétien mondial me semble vitale pour l’avenir de l’unité des chrétiens à travers le monde, car l’œcuménisme institutionnel, bien qu’il soit essentiel, a des limites. Un événement comme le Forum, où des personnes d’horizons si différents se rencontrent et s’écoutent, témoigne que la réconciliation par le dialogue est possible. C’est en effet une exigence de l’Évangile.

 

Quelles sont vos attentes – au niveau du voyage, de la rencontre, et au niveau personnel ?

Ce voyage à Bogotá est un premier en Amérique latine pour moi. C’est aussi la première fois que je participe à une rencontre œcuménique d’une telle dimension internationale. Je cherche à vivre ce temps comme un don de ressourcement spirituel : il m’est donné à réfléchir sur d’où je viens et où je voudrais aller, d’où nous venons et où nous voudrions aller en Église, à la suite de Jésus Christ. C’est un kairos. J’attends d’être étonnée, déplacée, émerveillée … d’élargir mes horizons et respirer la catholicité de l’Église du Christ.

Comment ramener votre expérience à Bogotá en France et jusqu’à Lyon?

Au retour de Bogotá, je prévois de donner un premier écho du Forum aux étudiant.e.s de l’Institut supérieur d’études œcuméniques, où j’enseigne. Il sera intéressant de réfléchir aux fruits de la méthodologie du Forum avec ces personnes, dont certaines sont responsables œcuméniques sur le terrain. J’ai l’intuition que la narration de sa vie de foi, de son cheminement avec Jésus Christ, permettrait de débloquer des situations de tensions et de conflits entre communautés locales. Il est important aussi de partager une perspective du christianisme mondial, car finalement nous risquons tous d’être confinés par ce qui se passe chez nous.

Katherine

Older posts Newer posts