A la veille de mon départ, une amie m’a posé quelques questions sur mes attentes du Forum chrétien mondial. Merci à elle.

Avez-vous déjà fait l’expérience du Forum chrétien mondial ? Comment cette démarche vous interpelle?

Je connaissais l’existence du Forum chrétien mondial, et j’ai eu la chance d’entendre le pasteur Larry Miller partager son expérience du Forum au colloque de l’Institut supérieur d’études œcuméniques en 2015. Je ne m’attendais pas de tout à être invitée à participer au Fourm de Bogotá comme déléguée du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens ! Je suis très heureuse d’accepter cette responsabilité et de vivre cette aventure.

La méthodologie du Forum chrétien mondial, où tout d’abord chaque participant.e est invité.e à raconter l’histoire de son cheminement avec Jésus Christ, me rappelle tout simplement mes années au lycée, où je faisais de l’œcuménisme, avant même de le savoir.  Je viens de l’état d’Oklahoma, une région aux États-Unis qu’on appelle le Bible Belt. Mes camarades de classe et amis étaient en grande majorité des chrétiens de traditions évangéliques. Certains apportaient leurs bibles à l’école tous les jours et m’impressionnait par leur capacité à réciter des passages par cœur. Mes amis chrétiens évangéliques n’hésitaient pas à demander à leur entourage : « Have you been saved ?, » « As-tu été sauvée ? »  Il m’a fallu bien du temps pour vraiment comprendre la signification de cette question. Grâce à cette interrogation fondamentale, j’ai été amenée à parler de Jésus Christ avec mes amis.  Ils avaient aussi beaucoup de questions sur l’Église catholique, du style « pourquoi devez-vous obéir ou pape ? »  et « pourquoi priez-vous Marie ? » Afin de mieux leur répondre, j’ai commencé, moi aussi, à me poser des questions sur mon Église et à la découvrir autrement en approfondissant mes connaissances.

La démarche du Forum chrétien mondial me semble vitale pour l’avenir de l’unité des chrétiens à travers le monde, car l’œcuménisme institutionnel, bien qu’il soit essentiel, a des limites. Un événement comme le Forum, où des personnes d’horizons si différents se rencontrent et s’écoutent, témoigne que la réconciliation par le dialogue est possible. C’est en effet une exigence de l’Évangile.

 

Quelles sont vos attentes – au niveau du voyage, de la rencontre, et au niveau personnel ?

Ce voyage à Bogotá est un premier en Amérique latine pour moi. C’est aussi la première fois que je participe à une rencontre œcuménique d’une telle dimension internationale. Je cherche à vivre ce temps comme un don de ressourcement spirituel : il m’est donné à réfléchir sur d’où je viens et où je voudrais aller, d’où nous venons et où nous voudrions aller en Église, à la suite de Jésus Christ. C’est un kairos. J’attends d’être étonnée, déplacée, émerveillée … d’élargir mes horizons et respirer la catholicité de l’Église du Christ.

Comment ramener votre expérience à Bogotá en France et jusqu’à Lyon?

Au retour de Bogotá, je prévois de donner un premier écho du Forum aux étudiant.e.s de l’Institut supérieur d’études œcuméniques, où j’enseigne. Il sera intéressant de réfléchir aux fruits de la méthodologie du Forum avec ces personnes, dont certaines sont responsables œcuméniques sur le terrain. J’ai l’intuition que la narration de sa vie de foi, de son cheminement avec Jésus Christ, permettrait de débloquer des situations de tensions et de conflits entre communautés locales. Il est important aussi de partager une perspective du christianisme mondial, car finalement nous risquons tous d’être confinés par ce qui se passe chez nous.

Katherine